La naissance de la FATA : un besoin criant!

La Fondation pour l’aide aux travailleuses et aux travailleurs accidentés (FATA) est un organisme à but non lucratif, complètement autonome, libre de toute allégeance politique ou syndicale. La FATA regroupe des individus et des organismes de tous les coins du Québec qui partagent ses objectifs.

Fondée en 1983 par monsieur Michel Chartrand, monsieur Claude Pételle et le docteur Roch Banville, la FATA défend les victimes de lésions professionnelles qui contestent une décision de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) ou doivent se défendre à la suite de contestations de leurs employeurs. Rappelons que la CNESST est l'ancienne CSST (Commission de la santé et de la sécurité du travail).

À tous les jours, des travailleuses et des travailleurs victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles voient leurs droits bafoués à la suite d’une décision de la CNESST ou à la suite de contestations de leur employeur.

Les victimes de lésions professionnelles peuvent difficilement assurer la défense de leurs droits sans aide. Elles sont confrontées à un processus lourd et fort complexe. Elles doivent faire face aux experts de la CNESST et de leur employeur ainsi qu’aux médecins qui contestent les diagnostics de leurs médecins traitants. Elles sont souvent dépassées devant la lourdeur administrative des instances gouvernementales et devant cette complexité légale et médicale. Du premier formulaire à remplir jusqu’à l’audition de leur cause, en passant par les démarches pour l’obtention de documents médicaux, la recherche d’un médecin et les réponses aux demandes des agents de la CNESST, la route peut être longue et ardue. L’isolement et le manque de ressources viennent alourdir ces démarches.

Cette situation est d’autant plus compliquée pour les accidentés qui sont non syndiqués, allophones ou peu scolarisés.

Les accidentés du travail sont confrontés à une série de spécialistes, avocats et médecins engagés par leur employeur ou la CNESST. Face à ce combat inégal, il est évident qu’une victime de lésion professionnelle peut difficilement s’en sortir seule, d’où la raison d’être de la FATA.

C’est en février 1983 que la FATA a été mise sur pied par une quarantaine de personnes, à l’instigation du syndicaliste Michel Chartrand. Le docteur Roch Banville, qui travaillait sur la Côte-Nord depuis 25 ans, est venu prêter main-forte à l’équipe dès le départ. Le conseiller Claude Pételle s’est également joint à l’équipe très tôt.

Les fondateurs issus de milieux divers (syndicalistes, groupes populaires, milieux universitaires, etc.) ne doutaient pas un seul instant de l’importance et de la valeur de leur cause. Mutilés ou malades, sans revenu, les travailleurs se retrouvaient souvent dans des conditions de vie inacceptables. Ils devaient attendre parfois jusqu’à trois ans avant de pouvoir exposer leur cas devant la Commission des affaires sociales. Peu de gens pouvaient les aider. Entre autres, le milieu syndical de l’époque était peu organisé pour défendre leurs membres et les accompagner dans le long processus de contestation.

Moins d’un an après sa fondation, plus d’un millier de dossiers étaient actifs à la FATA. Représentés adéquatement, leurs dossiers renforcés par des expertises et des évaluations médicales, les accidentés ont vu leur rapport de force avec la CSST (ancien nom pour la CNESST) s’améliorer.

L’action de la FATA a donné une impulsion aux organisations syndicales qui ont maintenant un conseiller en santé-sécurité dans chaque syndicat.

En 2013, la FATA a fêté ses 30 ans d’existence et aura défendu plus de 15 000 travailleuses et travailleurs accidentés.

Aujourd'hui, la mission se continue, toujours avec la même détermination.