CONDAMNÉ AU SUICIDE 
Par Émile Boudreau

Les Éditions du Renouveau québécois, 1998, 218 p.

Gaétan Duval avait 46 ans. Il était marié, père de trois beaux enfants. Il s'est donné la mort le 31 janvier 1983. Suicide, a dit le coroner. Dugal a posé le geste d'une façon terriblement lucide : il a choisi une corde capable de supporter son poids ; il a barricadé de l'intérieur les portes et les fenêtres de son logement ; à l'aide d'une perceuse mécanique, il a pratiqué une ouverture au-dessus du châssis de la porte d'un placard situé le long du vestibule entre la cuisine et la porte d'entrée ; il y a fixé la corde, il a passé le noeud coulant à son cou et il s'est laissé choir vers la mort. Les deux côtés du châssis de la porte n'étaient qu'à quelques pouces de lui. Lorsqu'on l'a retrouvé, ses pieds effleuraient le plancher.

S'il l'avait voulu, il aurait facilement pu se raviser jusqu'au moment de perdre conscience. Il ne l'a pas voulu. Sa mort a été le fait d'une décision mûrement réfléchie et irrévocable. Il voulait mourir. Se sentait-il condamné au suicide à cause de la détérioration de son état physique et des traitements inhumains qu'il avait eus à subir de la part de la CSST ? C'est à cette question que le présent ouvrage tente de répondre. La note laissée sur la table est un ultime message d'amour à l'endroit de sa femme et de ses enfants. Il a écrit :

Merci à tous
je vous aime


ÉMILE BOUDREAU
Émile Boudreau s'est vu décerner en mai 1998, le prix Antoine-Aumont par l'Association québécoise pour l'hygiène, la santé et la sécurité au travail, pour son implication dans la promotion de l'hygiène industrielle qui fut le principe moteur d'une carrière syndicale de plus d'un demi-siècle. Fondateur et directeur du service santé-sécurité du travail à la FTQ en 1977, membre du premier conseil d'administration de la CSST de 1980 à 1982, il a continué même après sa retraite en 1983, à plaider à de nombreuses reprises devant les bureaux de révision et les commissions d'appel en matière de lésions professionnelles.
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